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stagebarcelone
Description du blog :
En stage à Barcelone pour 5 mois, dernière année d'école d'ingé et master recherche en datamining...
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
01.03.2008
Dernière mise à jour :
14.05.2008
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Toujours plus haut...

Toujours plus haut...

Posté le 04.05.2008 par stagebarcelone
Depuis le début du séjour, la montagne de Montserrat se détache souvent sur l'horizon, que ce soit depuis les sommets de la chaîne de Collserolla, les plaines du Llobregat, du Besos, ou même lors de virées plus lointaines, comme celle de jeudi après-midi. Ce weekend, 4 jours de libres, c'est décidé, il y en aura un de consacré à Montserrat. Hier, journée d'intendance, j'en profite pour me renseigner sur les moyens de s'y rendre. Je finis par opter pour une formule tout-compris incluant l'aller-retour en train, le téléphérique aller-retour pour monter sur le site du monastère (curiosité touristique du lieu), accès illimité à tous les funiculaires suivants, accès au musée, accès à l'espace audio-visuel, et repas au restau sur place. Initialement je pensais y aller à vélo mais les 50kms en ligne droite de google Earth sont à multiplier par au moins 1,5 pour la distance réelle, puis par 2 pour le chemin du retour, sans compter l'ascension (+ de 1000m). Ca reste jouable, mais en ne faisant QUE ça, ce qui serait un peu dommage...

Vu le nombre de choses prévues sur place je prépare le sac dès le vendredi soir, pour chopper le premier train le vendredi matin. Le vélo est de la partie, on ne sait jamais, dès fois qu'il y aurait des balades sympas à faire du même coup dans la zone... Départ donc de Plaça Esapña par un train régional ce matin, 8h36.

9h30, arrivée au pied de la Montserrat (il semblerait que les noms de montagne soient féminins ici). J'embarque dans le téléphérique avec mon vélo sous le regard interrogateur des autres touristes et du responsable de l'engin. Après 5 minutes de montée, arrivée au nid d'aigle où se niche le monastère.

Je comprends assez vite que mon vélo aura fait le voyage pour rien. Bon, il aura vu du pays mais je crois qu'il s'en fout un peu. Le paysage n'est constitué que de pitons rocheux, et les quelques chemins de balade partant de la place principale sont constitués de volées de marches ou de pentes peu engageantes. Le monastère et tout le complexe religieux attenant (basilique, hôtels pour les pèlerins, plus toute la partie touristique) est accroché à flac de montagne, sur un petit surplomb. On ne s'y sent pas à l'étroit, mais toute la place disponible est bien utilisé malgré le luxe d'une très grande esplanade au milieu de tout ça. Une fois équipé de mon audio-guide, appareil photo autour du cou, sac à dos (oui, oui, le parfait touriste, et alors ?), je suis paré pour la visite.

Début du tour du Luna Park vaticanesque par la basilique abritant la vierge noire, oeuvre datée du XIIème siècle. Pour ce qui est de lui serrer la main ce sera un autre jour, l'accès à la statue passe par une file d'attente digne de Space Mountain à Disneyland. Je la verrai quand même de loin, car elle est située dans une chapelle ouvrant sur le choeur, face à la nef. Dans le domaine de la mise en scène, sur ce coup là, les moines sont fortiches. L'édifice en lui-même, rien qui ne m'ait marqué. Comme souvent, construit successivement au travers des destructions, constructions et re-contructions successives. Témoin des premiers temps, un tympan et un portail roman camouflé sous une voûte avant l'entré de la basilique. Reste de cloître gothique dans un coin, façade moderniste. Décoration très riche du XXème siècle, moderniste malgré des chapelles bien plus anciennes. Patchwork assez curieux au final.

J'en sors pour une visite du musée. C'est inclus dans mon billet, mais je ne sais même pas ce que je vais y trouver, ni même quel est le thème de ses expositions. Première salle, je suis largement rassuré sur l'intérêt de la visite : je me trouve devant "Saint Jérôme", du Caravage. Je l'aurais situé à Florence, ou à Rome à la rigueur, perdu, il est à Montserrat. Ca commence fort, et ce n'est pas fini. Après quelques toiles religieuses, des salles font la part belle aux artistes catalans. Casas et Rusiñol ont les honneurs avec des toiles du coin bien entendu mais également des peintures datant de leurs voyages à Paris (marrant de voir le moulin de la galette, ou le café de Montmartre peints par des artistes catalans), mais aussi quelques œuvres de Nonell dans les salles suivantes. Une salle est consacrée aux toiles des artistes français de l'époque : quelques tableaux impressionnistes et pointillistes de Monet, Renoir, Sisley, Degas... Petit clin d'oeil : la "Plage de Pornic" de Renoir se situe aussi à Montserrat. La visite se termine par une salle de toiles de Picasso, Dali, mais également Le Corbusier, Miro, Braque, etc. Je découvre au passage que Picasso a également réalisé des affiches pour des fêtes de village, des corridas... Petit regret : la partie archéologique du musée souffre de la comparaison avec la galerie de peintures.

Dans le hall, une autre salle est ouverte à la visite pour une exposition temporaire sur les affiches de propagande de la guerre de 1936. Couleurs violentes, raccourcis frappants, affiches de guerre. En voyant certains plans de combats, je comprends pourquoi les espagnols disent que Barcelone a morflé pendant les combats.

Sortie du musée, direction l'espace audiovisuel. Là aussi, je ne sais pas du tout à quoi m'attendre. On m'annonce que la séance suivante commence dans 5 minutes, j'en profite pour lire dans la boutique attenante un livre pour enfants racontant la légende de Sant Jordi et le dragon. La séance se compose d'un passage de diapos sur le site avec un accompagnement sonore, transitions assurées pas 6 projecteurs différents. Pourquoi pas, ça se laisse regarder et surtout ça repose les pieds. Suivent des salles avec des ordis pour une "visite interactive" mais je ne suis pas venu là pour me poser derrière un écran, c'est déjà ce que je fais toute la semaine...

Il n'est que 13h00 mais je n'ai pas fait ma pause "esmorzar" (petit déj) de 11h00 et commence donc à avoir faim. Direction le self, inclus lui aussi donc dans mon billet. Nourriture sans surprise, roborative mais pas dégueu et surtout qui remplit bien. Entrée, plat, dessert, boisson, pain. Classique. Ce qui l'est moins, c'est la vue : le self est un restaurant panoramique surplombant le vide. Je me trouve une place le long de la baie vitrée. En ajoutant un léger ronronnement de réacteur, je pourrais me croire en avion.

En sortant du restaurant, petit tour sur l'esplanade principale où les divertissements ont commencé. Fête populaire avec tous les canons catalans du genre : danse des géants, sardane et pyramide humaine, le tout au son des instruments du cru, rien ne manque. Vidéo : http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080503_Montserrat/films/MOV01308.avi (attention : 14Mo). En passant devant une baie vitrée, je comprends pourquoi toutes les personnes (au musée, au point touristique, au restau) me causent en anglais depuis le matin. Qu'on me réponde en anglais que je parle catalan, je commence à m'être fait une raison, mais qu'on me parle en anglais avant même que je l'ouvre ça c'est une première. J'avais essayé de comprendre sans succès. En fait, ce matin, j'ai mis mon T-shirt "Sheffield underwater hockey world championship", et me balade donc avec une poitrine barrée d'un énorme Union Jack. Tout s'explique.

Je suis dans les temps, la visite du complexe religieux + musée est achevée, j'avais prévu de visiter le massif l'après-midi, donc tout va bien. Destination un train à crémaillère pour éviter une escalade pénible (pente à 45°). Suite par un petit chemin, sillonant les formations de ciment calcaire de la montagne. Passage sous des surplombs, devant une petite source dans une grotte, sur des ponts n'inspirant pas toujours la plus grande confiance... Je commence à être un peu frustré de voir que le chemin ne semble pas mener au sommet, ou plutôt à un des sommets (étymologiquement, Montserrat viendrait de "montagne scie", ou "montagne sciée", si j'ai bien compris). Je finis par repérer un raidillon grimpant entre deux formations calcaires. Je choisis de tenter ma chance en l'empruntant. Après une montée oscillant entre grimpette, escalade et glissades fessières plus ou moins maîtrisées, j'atteins enfin un des sommets du site. Vue imprenable sur les autres sommets voisins, panorama à 360°. Avec le zoom au maximum j'arrive à distinguer le profil du Tibidabo et de la tour de Collserolla sur la chaîne du même nom, me cachant Barcelone. A l'ouest (rien de nouveau), d'autres montagnes encore un peu plus hautes se détachent de l'horizon à une cinquantaine de kilomètres. Au Nord, les Pyrénées, à l'Est, la méditerranée dans une légère brume. Au Sud, je ne suis pas sûr, mais je crois distinguer Tarragone.

C'est à ce moment que je me rends compte que j'ai un prédécesseur sur "mon" sommet. Un gars, la cinquantaine, qui semble en pleine galère avec son appareil photo. Il me voit et vient vers moi en me demandant en anglais (mais avec un fort accent de l'Est) si je peux l'aider. Sa carte est pleine et il voudrait effacer quelques photos. Je jette un œil aux menus de son Olympus : mmmh :) du cyrillique ! Après quelques tâtonnements et traductions, la manipulation est réalisée, non sans mal. Il passe dix plombes à trouver la photo à effacer, puis me demande si c'est possible de le prendre en photo devant le massif. Soit. Et bien entendu, c'est à ce moment là que sa batterie lâche. Bon, je le prends avec le mien, il me passe son mail, comme ça il l'aura quand même. Du coup on fait connaissance : Il est historien, Russe, mais enseigne l'anglais parce qu'historien en Russie ça n'a pas l'air d'être le métier rêvé en ce moment. Assis sur notre toit du monde, on continue à discuter pendant une bonne petite heure de la pratique des langues à travers les voyages, l'image des nouveaux riches Russes à l'étranger, l'âge et le rayonnement comparés des cultures kazakhes et orthodoxes, la pratique de l'anglais en France... Un peu irréel, mais conversation très agréable. Bref, j'ai un nouvel ami Russe qui finit par me présenter madame qui l'attendait (bien patiente la petite dame...) au funiculaire. Au final, je suis même le bienvenu dans son isba de la périphérie de Moscou si je veux visiter la Russie. Pas le genre de rencontre à laquelle on s'attend, mais bon, c'est ça qui est marrant !

Descente vers la monastère par un petit chemin serpentant à travers le massif, récupération du vélo puis re-téléphérique et train jusqu'à Barcelone. Vidéo du téléphérique : http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080503_Montserrat/films/MOV01365.avi (Attention, 11Mo). J'arrive à l'appart à 19h00, encore claqué, mais des images plein la tête. Nouvel essai culinaire spaghettis/saucisson sec/concentré de tomates/oignons qui est appelé à faire une bonne alternative aux pâtes carbo. Dimanche matin j'ai prévu le musée Picasso puis aprèm sieste sur la plage bien méritée.

Album photo :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080503_Montserrat/album.php


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