Pour le hockey subaquatique, en Pologne, ça n'avait pas été possible. Ici j'ai de la chance : Barcelone a été, en Espagne, la première ville à se doter d'un club de hockey sub, dans les années 90. L'apparition tardive de la discipline explique d'ailleurs le petit nombre d'équipes et le niveau très inégal. L'équipe de Barcelone a ensuite apparement tout fait pour déveloper l'activité et la plupart des clubs du championnat sont en Catalogne. J'ai été invité il y a quinze jours par l'équipe 1 à participer au championnat d'Espagne avec eux, sur la ligne d'avant (ailier). Après quelques détails pratiques mais pas toujours évidents (comment expliquer en catalan que l'on veut acheter une licence, que l'on n'est pas adhérent d'un club mais qu'on joue quand même avec l'équipe, qu'on a un certificat médical, certes français, mais datant de moins d'un an, etc...). Bref, la phase "préparation" m'aura appris au moins une chose : en Espagne, je fais du "18" en maillot de bain.
Samedi, rendez-vous à la piscine à 12h45. D'après google elle est à environ 30 minutes de l'appart mais je vérifie quand même le matin. Bilan : il me faut effectivement 30 minutes pour m'y rendre, mais je ne la trouve qu'au bout d'une heure et demie. J'ai bien fait de repérer les lieux. Après-midi : début du championnat. Les équipes viennent majoritairement de Catalogne donc, mais aussi de plus loin (Madrid, pays basque...). Nous jouons notre premier match contre une ville du Nord de la Catalogne dont j'ai oublié le nom. A la mi-temps, déjà 9-0 pour nous, Angel (notre capitaine) nous demande de calmer un peu le jeu et de profiter de cette partie facile pour répéter les changements d'ailes, placements, etc. Ca ne nous empêche pas de leur mettre 6 nouveaux buts. Vers la fin du match, la consigne est donnée de ne plus marquer mais uniquement faire tourner le palet. Bilan : 15-0 pour nous.
Retour sur le bord du bassin, analyse des petites erreurs par Angel à l'aide d'une ardoise/terrain. Bon, tout en catalan évidement, je ne suis pas sûr d'avoir tout capté, mais les dessins aident quand même pas mal.
Le second match est un des plus importants. Les deux grosses équipes à battre sont Madrid et Vittoria, et c'est justement la rencontre avec une équipe de Madrid visiblement en forme (ils viennent de mettre 6-0 à Vittoria) qui approche. En gros, leur équipe est constituée d'étudiants appartenant tous à la même fac privée. Si j'ai bien tout suivi, l'équipe est un peu la fierté de la fac sur le modèle des équipes américaines universitaires, ce qui leur vaut 5 entraînements par semaine. On a compris sous l'eau. Ils n'ont pas une technique éblouissante mais sont présents, ne ratent pas un seul changement d'aile, et font pression du début à la fin du match. 3-0 pour eux à la mi-temps. De notre côté nous jouons assez mal, on ne se trouve pas les uns avec les autres, bref, on passe un peu à côté du match. Seconde mi-temps, léger mieux, un but pour nous mais ils nous en mettent deux nouveaux. Défaite 1-5.
Troisième match contre l'autre grosse équipe, Vittoria. Petit challenge personnel en plus : Lors d'un match Nantes 2 + Nantes F contre Vittoria 1 lors de la coupe de l'Atlantique de l'an dernier, les espagnols l'avaient emporté. Première période : 3 buts pour nous. Seconde période : à nouveau trois buts. Victoire 6-0. Satisfaction bien sûr mais frustration en pensant que Madrid a fait le même score contre eux, et pas plus...
Dernier match disputé en début de soirée contre la sélection de Catalogne (moins les joueurs de Barcelone). Le championnat Espagnol comptant peu d'équipes, les sélections régionales sont apparemment admises. D'ailleurs les règles de participation semblent assez souples : Des joueurs de Barcelone 2 (équipe jouant dans l'autre poule du championnat, donc pas ce weekend) jouent en renfort dans d'autres équipes, quand il manque des joueurs. Ambiance plus tournoi amical que championnat national, mais ce n'est pas plus mal. Un match sélection régionale contre équipe d'une ville peut sembler déséquilibré, mais la sélection de Catalogne ne comptait aucun joueur de Barcelone, vu que Barcelone présente ses propres équipes dans le championnat. Tout de suite, ça enlève certains éléments et ça aide bien. Match joué sans trop forcer (la rencontre contre Madrid a laissé des traces qui se révèlent au fur à mesure que les muscles refroidissent), et victoire de Barcelone 8-0.
Pour la soirée, les organisateurs ont réservé un restaurant dans le centre-ville. Chacun paie un prix fixe, et ensuite, plats et boisson à volonté. Ca semble être la norme ici pour les repas de groupe, et c'est franchement une formule que j'apprécie. Donc dans l'ordre : amuses-gueule, salade composée, plat de pâtes, pizza thon, pizza jambon, viande en sauce (délicieuse d'ailleurs) et riz. Dessert : Glace choco/vanille entourée de deux tranches de gâteau moelleux, à volonté également.
Dimanche, réveil à 7h45 (ouch) pour la seconde journée de compétition. Plus énormément d'enjeu, les deux gros matchs sont passés et les deux équipes que nous devons jouer ne représentent pas un très grand danger, d'après mes coéquipiers. Premier match contre l'équipe de Castille. Un peu de mal à remuer les palmes, mais c'est la même chose pour les deux équipes. Ils résistent un peu en première mi-temps avant de s'effondrer en seconde. Les trous dans la défense sont de plus en plus fréquents, on n'en demande pas tant. Victoire 12-0.
Dernier match contre l'équipe de Tarragone, qui compte d'ailleurs un français, doctorant exilé. Cinq buts en première période, cinq en seconde. Victoire 10-0.
Pour ce qui est du ressenti général, l'esprit "hockey" est bien international, mêmes blagues potaches et même bonne entente entre les équipes. Je suis épaté par les changements d'aile de Barcelone. A Nantes on dit sans arrêt "il faut faire plus de changements d'ailes", à Barcelone, c'est une base de travail à chaque entraînement, et le résultat est appréciable lors de la compétition. Je n'étais pas trop dans le coup lors des premiers matchs, mais je me suis vite rendu compte que mon pivot était TOUJOURS dans mes palmes, et l'arrière TOUJOURS près à balancer le palet sur le pivot opposé. Mine de rien c'est hyper confortable. A la moindre emmerde, je me retourne, sûr du soutien et de pouvoir permettre la relance du jeu sur l'autre aile (et accessoirement de souffler). Même un pivot avec seulement quelques mois de hockey qui a joué avec nous certains matchs a déjà tout compris de la technique et est toujours bien placé. J'ai en revanche beaucoup moins d'admiration pour l'arbitrage. Comme en France, chaque équipe participante fournit des arbitres pour juger les matchs auxquels elle ne participe pas. Différence importante par contre : Les arbitres n'ont pas de formation ni d'examen, donc n'importe qui peut arbitrer. Résultat : à part pour les arbitres issus des trois grosses équipes (BCN, Madrid, Vittoria), les arbitres aquatiques se contentent de relayer les gestes de l'arbitre principal, et ne signalent aucune faute. Dans ces conditions, la seule fois où une faute a été signalée, c'est quand je me suis pris un palet en pleine poire : Au lieu de signaler un "jeu dangereux", c'est un "arrêt irrégulier" qui a été sanctionné, donc faute contre nous :D
La dernière journée du championnat fin juin s'annonce compliquée : Ayant perdu contre Madrid nous terminons seconds de notre poule. Nous aurons donc à battre les premiers de l'autre poule en demi-finales. Problème : il s'agit de la sélection junior de l'équipe d'Espagne, donc les meilleurs jeunes joueurs du pays. Ils vont être rapides et techniques, on a intérêt d'imposer le physique (enfin, notre ligne d'arrière surtout). En admettant qu'on les batte, ce sera une finale contre Madrid, selon toute vraisemblance, et là il faudra jouer mieux qu'on ne l'a fait samedi. Bref, c'est pas gagné...
Le dernier match fini à 12h30, j'ai juste eu le temps d'aller siester à la plage pour profiter du soleil. Semaine à venir : rédaction du rapport de stage intermédiaire, et préparation pour l'accueil des premiers visiteurs :)
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080412_HoqueiSub/album.php