Publié le 23/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
C'est un scandale ! les barcelonais hurlent à la sécheresse, commencent à prendre des mesures de restriction d'eau, coupent les fontaines, etc. Depuis quelques semaines, ils importent même de l'eau par bateau, de l'eau de chez nous ! Et tout ça pourquoi ? pour faire danser des coquilles d'œufs sur les jets d'eau des fontaines des patios. J'te jure...
Blague à part, hier c'était la fête de "l'ou com balla", ce qui donnerait de Français "la fête de l'œuf qui danse". Soit. Question à un catalan, c'est quoi la fête de l'œuf qui danse ? réponse : "On fait danser les œufs sur les fontaines". Première impression, il se paye ma tête. L'effet de surprise passée, et mon ami google aidant, je finis par comprendre : le jeudi du corpus christi, une tradition datant de la Renaissance consiste à placer en haut de chaque jet de fontaine une coquille d'œuf vide, qui va donc "danser" en l'air, portée par le jet. Le manière dont la coquille danse déterminerait la prospérité de la ville pour l'année à venir.
Après avoir eu plusieurs échecs en tendant de demander à des gens du coin (donc a priori au courant) la signification de cette tradition, j'ai fait mes propres recherches, aidé par les panneaux explicatifs de la ville et internet. Donc plusieurs solutions :
-> L'œuf symboliserait la représentation de la célébration de l'eucharistie (l'œuf donc), au-dessus du calice (la vasque de la fontaine, décorée pour l'occasion).
-> Image de la plénitude du printemps, éclosion de la fécondité et de la vie qui renaît
-> Beaucoup plus terre-à-terre, la tradition viendrait des nobles de la rue Montcada qui se divertissaient ainsi en attendant le passage de la procession
-> Enfin, explication personnelle : encore un truc mijoté par l'office du tourisme pour attirer encore plus de monde
Si vous avez d'autres idées, n'hésitez pas à me les soumettre...
Bref, toujours est-il que cette célébration n'a pas eu cette année son ampleur habituelle du fait du temps maussade, et des restrictions d'eau. Ainsi, à chaque jet (je n'en ai vu que deux), une pancarte expliquait que la fontaine fonctionne avec un circuit d'eau fermée, et que la danse de l'œuf se fait donc sans gaspillage. En ce qui me concerne, j'aurai profité du chemin pour aller jouer au hockey pour voir l'œuf des archives de la ville, l'œuf de la cathédrale, et j'aurais pu voir l'œuf de l'hôtel de ville en arrivant 5 minutes plus tôt "ah non monsieur, désolé, on ferme à 20h00, revenez dans un an...".
Album :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080522_OuComBalla/album.php
Vidéo :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080522_OuComBalla/films
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Publié le 22/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
Publié le 19/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
Ce week-end c'était le tournoi international de hockey subaquatique de Barcelone (défense de rire). Une occasion de titiller le palet avec des joueurs Portugais, Belges, Hollandais, Irlandais, Français, Espagnols et Anglais dans une bonne ambiance.
RdV à 10h00 à Barcelone pour un départ en camionette, direction la piscine située dans une ville de la périphérie (Sabadell). Départ difficile en ce qui me concerne, vendredi soir étant l'anniversaire de Mayra, une étudiante du labo : restau surprise basque, et pas au lit de bonne heure... Le temps est couvert et tournera à la pluie dans l'aprem.
Il faut être honnête, Sabadell n'a rien qui attire le regard si ce n'est une balade le long d'un grand parc. Sinon, tous les ingrédients de la cité-dortoir semblent réunis. Enfilades de bâtiments sans caractère, pas de réel centre-ville, etc. Par contre, la piscine fait un petit choc. Le bâtiment en lui-même impressionne, visiblement récent il semble posé dans un repli du terrain, sortant de terre sous le forme d'une vague. Un grand panneau présente le projet d'agrandissement avec bar, restaurant, piscines extérieures, pistes multisports, etc. Il semblerait que la piscine soit gérée en partie par le club qui y a élu domicile et qui est l'un desplus grands clubs de natation et de water-polo d'Espagne. Dans le hall on trouve sa boutique, avec ses maillots et produits dérivés. Arrivé sur le bord du bassin, il n'y a pas photo, c'est une piscine pour accueilir des grandes compétitions de natation : écran géant, caméras derrière des vitres couvrant tous les angles de la piscine, gradins avec zones réservées, centrale de contrôle pour tout la partie multimédia, etc. Le plus bluffant est la transformation possible du bassin de 50 mètres (comportant d'ailleurs 10 lignes d'eau) en deux bassins : un de 25 aux normes de compétition, et un de 23 pour l'échauffement. Cette passerelle coulisse avec des plots de départs intégrés, pour créer une séparation au milieu du grand bassin, ou se replier sur le bord. On peut ne pas la remarquer, mais quand j'ai réalisé que le bassin de 50 mètres s'était transformé en 2 bassins le temps que je me change aux vestiaires, j'ai mené mon enquête...
Nous adoptons une formation essayée avec succès lors des entraînements : 2-3-1, soit deux joueurs en pointe, trois milieux et un arrière. Formation très offensive basée sur la vitesse des avants combinée au soutien de la ligne des 3 joueurs. Petit inconvénient : si la ligne médiane se fait enfoncer, l'arrière se sent bien seul... Solution : mettre la pression sans cesse sur l'équipe adverse, stratégie plus simple à appliquer en début qu'en fin de tournoi.
Premier match contre Barcelone 2, l'équipe juinors/réserve. Pas de pression particulière, on domine sans problème. Second match contre la sélection nationale de Catalogne, donc constituée des meilleurs joueurs du pays. La chance que l'on a pour ce match est que cette équipe est privée de certains joueurs de Barcelone (qui jouent donc dans la même équipe que moi pour le tournoi), et ces joueurs ne sont pas des plus manchots... La sélection Catalane s'accroche, mais on remporte le match 3-0. Troisième match contre une équipe du Portugal. C'est une équipe assez jeune donc pas très expérimentée, comme d'ailleurs toutes les équipes portugaises (la discipline est encore assez nouvelle là-bas). Ils jouent tout sur le physique et la vitesse, commettant parfois quelques fautes assez grossières mais non signalées par les arbitres. Malgré cela leur jeu n'est pas construit, nouvelle victoire logique de Barcelone. Nous rencontrons ensuite la sélection féminine de Catalogne. A l'inverse des Portugais, le jeu des Catalanes est propre mais manque (forcément) de présence physique et de vitesse. Nous nous imposons sans trop forcer.
Vient ensuite le match contre l'équipe féminine de Londres. Ah les petites anglaises ! Comment parler de ce match sans être méchant... ? Disons que j'ai essayé une ou deux fois de dribbler leur défense avec une feint justement connue sous le nom de "geste anglais" qui consiste à faire croire à l'adversaire que l'on va partir d'un côté, pour l'obliger à se déporter, et au dernier moment obliquer de l'autre pour passer sous son corps. En fait, ce n'était pas la bonne technique. A chaque fois, la main et le bras passait mais la tête et le reste du corps rebondissait sur un... appelons ça un "obstacle", ayant une consistance rappelant les boudins des châteaux gonflables pour gosses. Bref, j'ai fini par changer de technique pour opter pour des passes en retrait quand le passage était bouché, alternées avec des petits sprints, la vitesse n'étant pas leur fort. Victoire sans forcer pour Barcelone.
Et c'est là que les choses se sont gâtées. Les matchs faciles étaient passés, nous avions maintenant devant nous une équipe masculine de Londres qui venait de mettre une volée aussi bien à l'équipe hollandaise (pourtant, les hollandais ne sont pas réputés être mauvais), mais également à une sélection Catalane accrocheuse... A noter que cette équipe était en réalité mixte puisqu'intégrant une joueuse de Reading (portant le bonnet de la sélection nationale anglaise, ce qui n'était pas un bon signe pour nous...). Sinon, des joueurs assez âgés pour certains, ainsi qu'un joueur avec le maillot de l'équipe de France et des palmes Breier (fabriquées à Vannes donc). Je n'ai pas eu l'occasion d'engager la discussion avec lui pour savoir d'où il venait réellement. Début du match, les anglais nous mettent un premier but en moins d'une minute, ça met dans l'ambiance. Les soupçons pesant sur la joueuse se confirment, c'est sans doute la meilleure de l'équipe, impossible de lui prendre le palet, on dirait qu'il est collé à sa crosse... Le second but ne tardera pas à venir. Petit sursaut de fierté de notre côté, et belle action collective portée par trois sprints consécutifs, qui trouveront chacuns un relai. Les anglais sont surpris, et nous marquons sur ce contre. Reprise du jeu, il est évident qu'ils ne se laisseront plus surprendre de la même manière, la défense est encore plus compacte. Jeu de gagne-terrain pendant trois minutes qui tourne à notre avantage et nous permet d'égaliser, mais en nous ayant épuisés. Fin de la partie, écroulement de l'équipe. Côté anglais ça tient bon, et ils en profitent pour nous mettre deux buts supplémentaires. Première défaite du jour.
Au tour des hollandais : C'est une équipe composée de joueurs de différents clubs de Hollande, ayant l'habitude de jouer ensembles sur les tournois internationaux. Se sont joints à eux un joueur de Bruxelles ainsi qu'un membre de la sélection nationale Espagnole pour compléter l'effectif. Jeu très physique, beaucoup d'engagement des deux côtés mais très peu de fautes. Nous marquons trois buts sur des actions collectives, mais sans grande performance technique, beaucoup de bourrinage sur les murs et devant le but. Vers la fin du match, je me fais plaquer au sol avec le bras en extension, mon bras droit en profite une nouvelle fois (ça faisait longtemps) pour aller voir si l'air n'est pas meilleur plus loin, en faussant compagnie à mon épaule. Remboîtement aussi sec, mais fin du match pour moi. Séance de massage à l'huile sur le bord du bassin (huuuummmmm :) ), qui suffira à tout remettre d'aplomb.
Le round robin est maintenant terminé, tout le monde a joué contre tout le monde. Il reste les phases finales, qualificatives pour la finale proprement dite. Nous sommes provisoirement seconds du fait de notre défaite contre Londres. Grâce à un match nul contre les hollandais et à un goalaverage avantageux, la sélection catalane se classe troisième devant les hollandais. Lors de la phase finale, nous avons donc à rencontrer une nouvelle fois les Catalans, puis les Hollandais et enfin les Anglais. Les matchs qui duraient 12 minutes sans mi-temps lors du round-robin font maintenant 2*12 minutes avec une mi-temps de 2 minutes.
Le match contre l'équipe de Catalogne est un peu plus dur que le premier, ils ont reçu le renfort d'un de leurs cadres, et nous avons perdu Steven, un joueur de la sélection nationale Irlandaise ne pouvant pas rester en fin d'après-midi. C'est dommage car il a une pointe de vitesse appréciable, me laissant à presque un mètre derrière lui sur chaque engagement, malgré mes Breiers. Ils nous mettent un but, mais nous égalisons rapidement. En seconde mi-temps ils fatiguent et les trous dans la défense sont de plus en plus fréquents. Nous en profitons pour marquer à deux autres reprises.
Le second match contre les Hollandais est à l'image du premier, viril mais correct. J'ai très peur pour mon épaule sur un placage semblable au premier, mais elle tient bon. Filip (le joueur de Bruxelles) fait merveille à l'arrière mais ça ne suffit pas, nous gagnons la partie.
Vient la revanche contre les Anglais. Il n'y a pas de raison pour que ce soit plus simple (surtout sans Steven), mais on y croit. Ils mettent à mal cet optimiste en ouvrant le score, mais nous égalisons presque aussitôt. Ils jouent compacts, nous aussi, le couteau entre les dents. La fatigue et l'indolence des arbitres aidant, la partie devient de moins en moins propre mais ça défoule (oh pardon le talon dans la gu****...). Engagement maximum de l'équipe, nous parvenons à mener 3-1 à deux minutes de la mi-temps ! Du coup petit relâchement, et sanction immédiate : 3-3 à la pause, le genre de truc qui fait dégringoler le moral. Seconde période : résistance mais sans grande conviction, nous mettons un but mais en encaissons 4 nouveaux. Plus de possibilité de revenir au score, victoire finalement logique des British.
Après une grande pause, vient la finale. Le classement reste inchangé par rapport à la fin du round robin, nous rencontrerons donc les Anglais à nouveau. De leur côté, les Hollandais ont battus la sélection Catalane ce qui leur vaut de leur avoir provisoirement ravi la troisième place.
Se remettre à l'au face à Londres a été très dur : la finale était notre onzième match en une après-midi. L'eau était froide, les jambes fatiguées, l'estomac assez vide et surtout le cerveau occupé par les deux défaites, et la remontée de 1-3 à 7-4 lors du match précédent... Bref, un match sans grande surprise. Nous mettons deux buts mais plus rien dans les jambes. Les anglais eux sont encore en forme et nous en mettent 8, en souffrant également mais visiblement moins que nous. En petite finale, la sélection Catalane gagne la troisième place sur un 2-0 face aux Hollandais, qui s'y voyaient déjà... Les filles de Barcelone gagnent quant à elles leur finale féminine face à l'équipe de Londres au terme d'un match très disputé.
Classement final :
1 - Londres
2 - Barcelona1
3 - Catalunya
4 - Hollande / Bruxelles
5 - Portugal
6 - Barcelona2
Féminines :
1 - Barcelona
2 - Londres
Bilan perso : 11 matchs disputés, soit 3h30 de jeu, plus les matchs en tant qu'arbitre. Epaule apparement remise, bleus un peu partout comme après chaque rencontre de hockey sub. Surtout très content de cette journée pour la diversité des équipes rencontrées, et des styles de jeus.
Repas avec toutes les équipes dans un restau réservé par l'organisation, avec prix avantageux : tapas, puis pâtes et gateau. Un enterrement de vie de jeune fille a lieu au même endroit, une anglaise fête son anniversaire, les anglais se prennent une biture et les portugais assurent l'animation tandis que les Hollandais nous demandent si l'on sait où est situé leur hôtel dont ils connaissent seulement le nom, l'ambiance n'est pas triste. Remise des prix, puis chupito offert par la boîte de nuit du coin. Le dimanche matin, nous avons la piscine pour finir le tournoi par des matchs amicaux. Je me fais ramener à Barcelone par un autre Français (Guillaume) qui joue dans la sélection Catalane. Nous suivons Jordi, un joueur de Barcelone chez qui Guillaume va squatter pour éviter un aller-retour à Tarragone. Le trajet d'un escargot rudement bien accroché sur le pare-brise nous divertira pendant que Jordi joue au taxi pour des joueuses de l'équipe féminine. Pieuté à 2h30, soit 30 minutes plus tard que le samedi matin. Le rendez-vous est pris pour le lendemain à 9h15.
9h14'55" j'arrive au lieu de RdV. Comme je m'y attendais un peu je suis tout seul, mon "taxi" passera finalement 10 minutes plus tard. Jordi est parti de son côté faire sa tournée de ramassage scolaire, après avoir dit à Guillaume que je connaissais la route. Moui... Sauf qu'en ce dimanche matin, c'est la course du Corte Inglés, sorte de foulées du tram locales. Bien entendu nous quittons une route coupée pour tomber sur une nouvelle déviation, qui nous renvoie droit sur les coureurs, etc. Après moults déviations, un plantage de direction, un détour par la station service nous sommes enfin sur la route de Sabadell en espérant arriver avant Jordi pour faire comme si... Le portable sonne 10 minutes avant notre arrivée, c'est Jordi qui s'étonne de ne pas nous trouver à la piscine. Raté.
Le rendez-vous était à 10h00, nous arrivons donc sur le bord du bassin à... 11h00, mais ce n'est pas grave, nous sommes loin d'être les plus à la bourre et les matchs n'ont pas débuté. Brassage des équipes, matchs amicaux avec l'impression d'avoir des plombs à chaque cheville. Le dos est raide comme ce n'est pas permis, les mouvements se font au ralenti et chaque contact est douloureux mais c'est pareil pour tout le monde. Les Hollandais finissent par arriver à 12h15 pour apprendre que nous n'avons la piscine que jusqu'à 13h00. Ils n'ont finalement pas dormi sous les ponts grâce à un chauffeur de taxi bien renseigné, mais leur trajet hôtel-piscine du dimanche matin a été une belle Odyssée.
Rangement du matériel, retour à Barcelone cette fois-ci par une route directe, déchargemnet du matériel, et bouffe en commun à... 17h00. le petit déjeuner de 8h00 commençait à être loin, je dévore. Détour par l'appart puis départ en ville pour retrouver les Hollandais et le Belge, qui ont envie de bien finir le week-end. Bérengère nous rejoint dans la soirée, nous les accompagnons dans un bar limite glauque de la Barceloneta où ils pourront enfin faire le repas de tapas dont ils semblent avoir envie depuis le début du week-end, même si en l'occurence c'est du décongelé au micro-ondes. Mon repas de 17h00 n'est pastrès loin, je me contente de leur tenir compagnie. Petite sangria avant de se rentrer, après échange d'adresses mails et promesse de rencontres lors de prochains tournois internationaux nordiques, nantais, barcelonais ou autres...
Album photo :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080517_Torneig/album.php
Publié le 14/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
Publié le 14/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
Lundi, c'est la Pentecôte, ou "segona pasqua" ici. Donc férié :) Ayant fait les musées samedi, glandé dimanche, l'excursion du week-end est donc prévue pour aujourd'hui. Enfin, tout va dépendre de ma motivation à me lever de bonne heure et surtout du temps, la météo étant encore pessimiste. 7h30 je suis réveillé, et le ciel ne semble pas très menaçant. C'est donc parti pour la préparation du sac à dos, et vérification du vélo.
But du jour : aller en train à Vic, ville située à une bonne centaine de kilomètres de Barcelone. De là, je ne suis plus qu'à une trentaine de kilomètres de vélo d'un lac de barrage, situé dans des gorges et comportant une église qui, après un long séjour sous les eaux, est maintenant de retour à la surface.
Départ en début de matinée de Barcelona Sants pour un trajet de 1h30. Je me retrouve dans le même wagon que le club des joyeux moutons, version retraités de la SNCF. Deux d'entre eux sont d'ailleurs assez pittoresques, sorte de couple entre Laurel/Hardy et Bouvard/Pécuchet. Le petit gros semble être le GO du voyage, ou du moins se comporte comme tel. Il exhibe fièrement une casquette de chef de gare et un badge avec les lettres SNCF brodées. Quand il ne tient pas compagnie à son acolyte, il se balade dans tout le wagon pour vérifier auprès de ses ouailles si tout va bien, tout en narrant des anecdotes sans doute très intéressantes à condition d'être cheminot (ou pas d'ailleurs, car le succès ne semble pas toujours au rendez-vous même auprès de ses congénères). Enfin bon, grâce à lui, je suis maintenant incollable sur la différence entre le "Pullman Orient Express" et le "Vénus Orient Express". Laurel, lui, est beaucoup plus discret. figure angulause, petites lunettes sur le bout du nez et collier de barbe, veste de velours marron. Le parfait cliché du vieux prof. Il tient un petit carnet sur lequel il semble noter frénétiquement chaque changement de voie, croisement, etc. Tente d'intéresser Hardy (qui s'en fout éperdument) aux différents types de rails et d'engins d'entretien utilisés par les Espagnols. Leur observation m'aura bien occupé la moitié du voyage.
Arrivé à Vic, je tombe assez vite sur la place principale. Immense, grande esplanade servant sans doute pour les marchés. Petit passage par l'office de tourisme histoire de récupérer la carte de la région et le plan de la ville. Visite rapide de Vic, où l'on trouve une église, monastère, ou chapelle à chaque coin de rue. Petite halte à la cathédrale, très impressionnante malgré encore une fois une avalanche de styles différents cohabitant parfois sans grande harmonie. En tout cas, les piliers massifs à section carrée et l'ensemble des peintures murales impose le respect. Il est déjà midi, temps de reprendre le vélo si je veux trouver mon lac.
Je quitte Vic par une route plutôt plate, mais l'horizon bouché de partout par des montagnes ne me laisse pas grand espoir quant à l'état de mes jambes à la fin de la journée. Petite halte pique-nique sous l'œil interrogateur d'un troupeau de vaches, de passage dans le coin. Après s'être assurées que je ne leur voulais pas de mal, elles continuent à brouter (l'inverse est également vrai, je continue donc mon sandwich). Un peu partout dès que la pente le permet, on trouve de mini-champs de blés, je ne sais pas comment ils le fauchent mais je vois mal une moissonneuse batteuse passer par ici.
Quelques lacets plus loin, le paysage commence à changer. Les collines font place à de petites montagnes (1300m pour le plus haut sommet du coin) dont les sommets érodés forment des falaises, donnant au coin un petit air Colorado, la végétation en plus. Je finis enfin par trouver mon lac, rafraîchi par la première averse de la journée. Je suis pile à l'opposé de l'église, que je distingue sur l'autre rive. Consultation de la carte, une route (enfin, un machin signalé par un ruban blanc discontinu) semble se frayer un passage en bas d'une des falaises, et rejoindre une route plus importante donnant peut-être accès à un autre chemin semblant se diriger vers l'église. Devant tant de certitudes, je me remets en selle. Le premier chemin est comme prévu assez accidenté. Je n'y croise que des 4x4 qui s'y aventurent avec précaution, et dans plus d'un passage je suis un peu crispé sur les freins, ne voulant surtout pas prendre de vitesse. Il n'empêche, les points de vue sont splendides. Un micro-climat semble bien installé dans ces gorges, la végétation fait plus penser à une forêt humide qu'à un maquis méditerranéen. Je finis par atteindre ma route, puis le barrage.
En ce qui concerne le barrage, petite explication pour l'église : Lors de la mise en eau, un village a du être évacué avant d'être englouti. Seul dépassait des eaux le sommet de l'église, dans les années 1970. Mais depuis, le niveau de l'eau a baissé d'une bonne cinquantaine de mètres. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Je ne sais pas non plus depuis quand, si c'est passager ou pas, etc. Le résultat est en tout cas que le barrage semble complètement inutile, les vannes étant plusieurs dizaines de mètres au-dessus du niveau de l'eau, et surtout l'église est maintenant au sec ainsi que quelques ruines de maison. C'est donc l'attraction du coin. Après le barrage, cap sur l'église que je trouve sans difficulté. Il est déjà 15h00, il serait temps de penser à rentrer.
Pour le retour, j'ai repéré une route un peu plus importante que mes chemins à flanc de colline. Un gars du coin m'indique que j'y trouverai également moins de montées et de descentes. Je suis sceptique, le barrage se situe à la cote 100 et la route franchit un col à la cote 1000. Enfin bon, pas trop le choix. Maintenant, j'avoue que le gars avait raison. Il n'y avait qu'une seule montée. Seulement, elle faisait 10kms. J'ai été presque content quand une grosse averse est arrivée, à la moitié de la montée, pour me rafraîchir. Par contre, après le col, le pour bonheur, c'est la descente qui elle aussi faisait 10kms. Arrivé à Vic sans avoir donné un coup de pédale depuis presque une demi-heure, je réussis à attraper le train de 16h45. Le retour aura été plus direct que l'aller.
Arrivé à l'appart, petit chat avec la famille (coucou Mamie ;) ) et nouveau départ pour un spectacle de flamenco déniché placa Reial par Bérengère.
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080512_Vic/album.php
Publié le 13/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
Dimanche matin, je n'avais pas mis le réveil mais je suis tout de même sur pied de bonne heure. Tant mieux, toute la journée pour profiter :) Enfin, le temps reste encore assez frais et quelques nuages se baladent mais l'essentiel est qu'il ne pleuve pas. J'en profite pour lancer une machine, en espérant pouvoir faire sécher le linge avant le prochain épisode pluvieux, car je commence à ne plus avoir grand chose à me mettre. L'harmonie des couleurs dans mon accoutrement de fin de week-end laissera d'ailleurs à désirer... Pas question d'aller à la plage, il fait un peu trop frais. Il est trop tôt pour aller visiter la Pedrera (elle ouvre seulement à 10h00) mais la casa Batllo va être ouverte. Va pour la casa Batllo...
Cette maison n'est en fait pas directement une réalisation de Gaudi. Il s'est "contenté" de modifier une maison déjà existante, construite en 1877, sur la demande de son propriétaire. La transformation a eu lieu de 1904 à 1906 et est assez spectaculaire. La façade évoquerait le dragon de la légende de St Jordi, avec ses écailles, ses dents, les os, etc. Le tout avec l'ondulation d'une vague, ondulation présente dans chaque partie du bâtiment.
J'arrive sur le Passeig de Gracia peu après 9h00. Les premières personnes commencent à faire la queue à la Pedrera, une heure avant l'ouverture... A la casa Batllo, pas grand monde mais le prix du billet en dissuade beaucoup. Enfin, il inclut l'audioguide, en général c'est en option. Dès l'entrée dans le hall, on est dans un autre monde. Tout est courbe, depuis le mur jusqu'aux lucarnes. Impression de plongée dans le Nautilus, qui restera tout au long de la visite. Escalier avec rampe anatomique, dans la lignée du banc du part Güell pour accéder au premier étage.
Là, l'audioguide me détaille toutes les idées de Gaudi dans l'aménagement : des grilles dans les portes pour contrôler la circulation (ou non) de l'air, système de ventaux pour la lumière, fenêtres du patio de plus en plus large à mesure que l'on s'éloigne des étages supérieurs pour donner la même lumière partout, dégradé de teintes bleues sur la mosaïque pour le même but d'uniformité de la couleur, etc.
Les boiseries suivent les lignes courbes du mur et semblent elles-même se déformer sous l'effet d'une ondulation parcourant tout l'édifice. Les fenêtres du balcon principal peuvent se soulever et disparaître dans le mur au moyen d'un système de poulies et contrepoids, ouvrant alors la salle principale sur le Passeig de Gracia.
En rejoignant l'arrière de la maison, je passe devant une maquette et des reproductions de la façade conçues pour les aveugles, avec explications en braille. Première fois que je vois ça, c'est vraiment une très bonne idée.
L'arrière de la maison est moins ouvragé que l'avant, mais le fer forgé et des mosaïques l'empêchent de sombrer dans l'ordinaire. Depuis la salle à manger, située au rez-de-chaussée, je me demande si je suis devant un aquarium en train de contempler ses occupants (les personnes qui sont dans la cour), ou si c'est l'inverse.
Accès au grenier et aux buanderies par l'escalier du patio central, ou "puits de lumière". Les buanderies sont ventilées par des aérations rappelant des évents de mammifères marins, la circulation de l'air se fait sentir. L'audioguide commence à m'énerver un peu : je n'ai pas besoin de lui pour voir que la maison est magnifique, et l'avalanche de qualificatifs dont le speaker ponctue chaque phrase est un peu lassante. Une rampe d'escalier au bout biscornu se voit ainsi qualifiée de "chef d'oeuvre de la sculpture moderniste, manifestation incontestable du génie de Gaudi". Soit...
Fin de la visite par la terrasse. Découverte des cheminées, invisibles depuis la rue, évoquant au choix des tourelles de chateau fort ou des têtes de personnages, au gré des jeux d'ombres et de lumières. Je redescends par l'ascenceur (d'époque), retour à la réalité en sortant de l'édifice. La file d'attente fait maintenant une cinquantaine de mètres. Il est 11h00, j'ai un petit creux. Destination la rue Petrixtol découverte la veille (je ne pensais pas y retourner si vite) pour un "xocolate amb churros" typique.
Retour à l'appart, grosse séance glandouille jusqu'à ce que je me décide pour "88 minutos" qui est projeté en VO sous-titré dans un ciné proche du port olympic. Soirée du dimanche : préparation de l'excursion du lundi :)
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080511_Batllo/album.php
Publié le 12/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone

Samedi : Après un réveil finalement beaucoup moins difficile que redouté malgré une nuque un peu raide, les courses sont expédiées dans la matinée. Après avoir magistralement raté un crumble pommes/canelle je pars rejoindre Bérengère en ville, pour un aprem art contemporain. Après un tour par la fondation Santa Monica complètement décevant, direction le MACBA (Museu d'art contemporani de Barcelona). Le bâtiment (Richard Meier) vaut bien plus le coup d'oeil que le contenu en lui-même... La photo a été prise dimanche matin, ce qui explique le ciel un peu plus bleu. Aucune oeuvre ne se détache, beaucoup d'installations audio-visuelles qui semblent plus là pour tenter de masquer le vide que pour autre chose. Aucune explication pour la collection permanente, pas beaucoup plus pour les temporaires. Une belle expo photo temporaire nous fera tout de même terminer la visite sur une bonne impression. La pluie ne s'est pas arrêtée quand nous sortons, bien au contraire. Retour sur la rambla pour un en-cas et chocolat chaud réconfortant après un détour par la rue Petritxol, où les galeries d'art se partagent les devantures avec les marchands de chocolat. Je pense qu'il faudra que j'y repasse un de ces jours, il y a moyen d'y passer un bon après-midi, avec une bonne alternance visite / repos chocolat / visite / repos chocolat, etc.
Arrivé à l'appart, je n'ai plus qu'à me changer entièrement et mettre mes fringues à sécher. J'allume la télé, et ce que j'avais évoqué dans une boutade pendant l'après-midi semble se réaliser : Cela fait des mois que tout le monde ici attend la pluie. Leurs vœux sont enfin exaucés, il pleut maintenant depuis presque 48h00. Et bien c'est raté, maintenant il semblerait qu'il y ait trop d'eau, une ligne de train a été coupée, des images montrent des rivières en crue, une correspondante en duplex et ciré jaune fait le point en direct lors du JT de 21h00, etc. Ils ne savent vraiment pas ce qu'ils veulent...
Publié le 11/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
Depuis une semaine (au moins) je n'arrêtais pas d'en entendre parler à la fac : vendredi, c'était la FestaFIB. Pour résumer, chaque composante de la UPC a sa fête, aux beaux jours et cette semaine c'était donc la nôtre. Qu'est ce qu'une fête d'une faculté ici ? En gros, une garden-party organisée aussi bien par les étudiants que par le fac, se prolongeant en concerts et animations diverses jusqu'à tard dans la nuit.
Pour commencer par le commencement, je me suis inscrit pour la préparation des entrées. Après avoir été sollicité pour réaliser une entrée "typique française" avec pour tout matos un micro-ondes, je finis par improviser une recette avocats chauds / fromage fondu / herbes de provence / concentré de tomates trouvée la veille au soir... J'attaque donc par la réalisation le vendredi matin, tout en surveillant du coin de l'oeil la poubelle de sangria... Petit coup de main aux autres ateliers (beurrage de toasts, réalisation des brochettes de fruits...) puis je mets le nez dehors pour rejoindre la fête proprement dite.
Bon, là où on n'a pas eu de bol c'est que l'épisode de 2 mois de sécheresse quasiment sans un jour de flotte a pris fin... vendredi matin. Petite pluie fine le matin qui s'est transformée en grosse pluie l'aprem avec vent emportant les barnums... Heureusement que la UPC possède des bâtiments formant des surplombs et des larges halls sinon on n'aurait eu qu'à tout annuler.
Une des attractions principales du début de l'aprem est le concours de paëllas. En s'inscrivant, tout groupe d'étudiant pouvait réserver un emplacement pour cuisiner sa paëlla en apportant son propre matos (bouteille de gaz ou barbec' inclus). Un jury d'étudiants était chargé de goûter et de noter les réalisations, qui étaient ensuite vendues par parts par les cuistots eux-mêmee. Système sympa satisfaisant tout le monde. Faisant partie du labo organisateur, je n'ai pas eu à m'inquiéter de ça, le repas étant compris, incluant les entrées et les désserts auquels j'avais contribué mais également la boisson et surtout les trois énormes paëllas :).
Suite de l'après-midi : concours d'improvisation, karaokés (le massacre de chansons populaires n'est pas une spécialité française, les Espagnols sont également très doués), concours de boisson (si si...), etc. Je finis par partir peut avant minuit, commençant à me les geler. Conclusion de cette journée : ambiance vraiment très sympa, avec les professeurs et les responsables du labo mettant la main à la pâte pour l'organisation, des règles de sécurité apparement un peu plus souples qu'en France (étudiants se baladant avec des seaux de coctails divers, bouteilles de gaz des paëllas, etc.) mais avec tout le monde globalement plus responsable, ce qui fait que tout se passe super bien.
Photos :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080509_FestaFIB/album.php
Vidéos :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080509_FestaFIB/films
Publié le 07/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone
Allez, pour commencer ce billet, un petit flashback. Dimanche dernier, j'avais donc décidé de visiter le musée Picasso. J'arrive devant à 9h40, soit 20 minutes avant l'ouverture des portes. Vélo garé à une extrémité de la rue, le musée est de l'autre bout. Marrant, une queue dépasse de la rue, il doit y avoir un autre musée dans le coin. Bah non, perdu, c'est pour le musée Picasso. Je n'ai pas envie d'attendre 2h00 pour y rentrer, je le tenterai un autre jour (ou pas).
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080504_Picasso_OuPas/films/MOV01368.avi
Destination le musée de la musique où je serai le premier visiteur, puis j'enchaîne avec l'expostion temporaire "De Dachau à Venise" dans la Pedrera.
C'est bien gentil mais la journée commence à bien avancer. Destination la plage. Sur le chemin je croise des pyramides humaines, deux ou trois fanfares, une procession andalouse, une charette tirée par de boeufs et une fanfare style police montée canadienne. Je commence à ne plus m'étonner de rien, donc on va dire que c'est tout à fait normal.
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080504_Picasso_OuPas/films/MOV01375.avi
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080504_Picasso_OuPas/films/MOV01383.avi
Pique nique et début d'aprem glande sur le sable. Je rentre pour avancer mon rapport intermédiaire et croise sur le chemin des amis qui m'avaient dit qu'ils iraient à la plage après manger. C'est vrai qu'on n'est pas calés sur le même emploi du temps...
Début de semaine avec un bon rythme (7h30 - 19h00) histoire de compenser le pont du premier mai, la pentecôte approchant, et la FestaFIB ayant lieu vendredi, sorte de fête de fin d'année de la fac. Plutôt sympa dans l'ensemble, paëlla, boisson et concerts en vue. Bref, chaque étudiant est assigné à une tâche pour la préparation, et je suis tombé sur les "entrées". Je pensais que les provisions seraient fournies par un responsable et que j'aurais à aider à la réalisation de plats prévus. En fait non. Chacun doit donner la liste d'ingrédients dont il a besoin, le labo achète, et ensuite le plat est réalisé sur place. Bien entendu "oh bah t'es français, tu vas nous préparer une entrée typique". Ben voyons...
Bref, j'ai sorti ce que j'avais dans le placard hier soir histoire de trouver une entrée un peu originale, et préparée rapidement. Ce sera des avocats pelés, passés au four avec le milieu rempli de concentré de tomates et recouverts de rondelles de chèvre, avec herbes de provence et filet d'huile d'olive. Le tout coupé en petits morceux avec cure dents, façon petits fours. C'est excellent chaud, j'espère que ce sera aussi bon une fois froids...
Ce soir le rapport intermédiaire de stage est presque achevé, ne manquent plus que des paragraphes nécessitant des infos que l'on doit m'envoyer par mail. La base du projet compile sans erreurs (et sans warning !), petite pause blog et je pense retour à l'appart, décompresser un peu, bonne bouffe et bon film :)
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080504_Picasso_OuPas/album.php
Publié le 04/05/2008 à 12:00 par stagebarcelone

Depuis le début du séjour, la montagne de Montserrat se détache souvent sur l'horizon, que ce soit depuis les sommets de la chaîne de Collserolla, les plaines du Llobregat, du Besos, ou même lors de virées plus lointaines, comme celle de jeudi après-midi. Ce weekend, 4 jours de libres, c'est décidé, il y en aura un de consacré à Montserrat. Hier, journée d'intendance, j'en profite pour me renseigner sur les moyens de s'y rendre. Je finis par opter pour une formule tout-compris incluant l'aller-retour en train, le téléphérique aller-retour pour monter sur le site du monastère (curiosité touristique du lieu), accès illimité à tous les funiculaires suivants, accès au musée, accès à l'espace audio-visuel, et repas au restau sur place. Initialement je pensais y aller à vélo mais les 50kms en ligne droite de google Earth sont à multiplier par au moins 1,5 pour la distance réelle, puis par 2 pour le chemin du retour, sans compter l'ascension (+ de 1000m). Ca reste jouable, mais en ne faisant QUE ça, ce qui serait un peu dommage...
Vu le nombre de choses prévues sur place je prépare le sac dès le vendredi soir, pour chopper le premier train le vendredi matin. Le vélo est de la partie, on ne sait jamais, dès fois qu'il y aurait des balades sympas à faire du même coup dans la zone... Départ donc de Plaça Esapña par un train régional ce matin, 8h36.
9h30, arrivée au pied de la Montserrat (il semblerait que les noms de montagne soient féminins ici). J'embarque dans le téléphérique avec mon vélo sous le regard interrogateur des autres touristes et du responsable de l'engin. Après 5 minutes de montée, arrivée au nid d'aigle où se niche le monastère.
Je comprends assez vite que mon vélo aura fait le voyage pour rien. Bon, il aura vu du pays mais je crois qu'il s'en fout un peu. Le paysage n'est constitué que de pitons rocheux, et les quelques chemins de balade partant de la place principale sont constitués de volées de marches ou de pentes peu engageantes. Le monastère et tout le complexe religieux attenant (basilique, hôtels pour les pèlerins, plus toute la partie touristique) est accroché à flac de montagne, sur un petit surplomb. On ne s'y sent pas à l'étroit, mais toute la place disponible est bien utilisé malgré le luxe d'une très grande esplanade au milieu de tout ça. Une fois équipé de mon audio-guide, appareil photo autour du cou, sac à dos (oui, oui, le parfait touriste, et alors ?), je suis paré pour la visite.
Début du tour du Luna Park vaticanesque par la basilique abritant la vierge noire, oeuvre datée du XIIème siècle. Pour ce qui est de lui serrer la main ce sera un autre jour, l'accès à la statue passe par une file d'attente digne de Space Mountain à Disneyland. Je la verrai quand même de loin, car elle est située dans une chapelle ouvrant sur le choeur, face à la nef. Dans le domaine de la mise en scène, sur ce coup là, les moines sont fortiches. L'édifice en lui-même, rien qui ne m'ait marqué. Comme souvent, construit successivement au travers des destructions, constructions et re-contructions successives. Témoin des premiers temps, un tympan et un portail roman camouflé sous une voûte avant l'entré de la basilique. Reste de cloître gothique dans un coin, façade moderniste. Décoration très riche du XXème siècle, moderniste malgré des chapelles bien plus anciennes. Patchwork assez curieux au final.
J'en sors pour une visite du musée. C'est inclus dans mon billet, mais je ne sais même pas ce que je vais y trouver, ni même quel est le thème de ses expositions. Première salle, je suis largement rassuré sur l'intérêt de la visite : je me trouve devant "Saint Jérôme", du Caravage. Je l'aurais situé à Florence, ou à Rome à la rigueur, perdu, il est à Montserrat. Ca commence fort, et ce n'est pas fini. Après quelques toiles religieuses, des salles font la part belle aux artistes catalans. Casas et Rusiñol ont les honneurs avec des toiles du coin bien entendu mais également des peintures datant de leurs voyages à Paris (marrant de voir le moulin de la galette, ou le café de Montmartre peints par des artistes catalans), mais aussi quelques œuvres de Nonell dans les salles suivantes. Une salle est consacrée aux toiles des artistes français de l'époque : quelques tableaux impressionnistes et pointillistes de Monet, Renoir, Sisley, Degas... Petit clin d'oeil : la "Plage de Pornic" de Renoir se situe aussi à Montserrat. La visite se termine par une salle de toiles de Picasso, Dali, mais également Le Corbusier, Miro, Braque, etc. Je découvre au passage que Picasso a également réalisé des affiches pour des fêtes de village, des corridas... Petit regret : la partie archéologique du musée souffre de la comparaison avec la galerie de peintures.
Dans le hall, une autre salle est ouverte à la visite pour une exposition temporaire sur les affiches de propagande de la guerre de 1936. Couleurs violentes, raccourcis frappants, affiches de guerre. En voyant certains plans de combats, je comprends pourquoi les espagnols disent que Barcelone a morflé pendant les combats.
Sortie du musée, direction l'espace audiovisuel. Là aussi, je ne sais pas du tout à quoi m'attendre. On m'annonce que la séance suivante commence dans 5 minutes, j'en profite pour lire dans la boutique attenante un livre pour enfants racontant la légende de Sant Jordi et le dragon. La séance se compose d'un passage de diapos sur le site avec un accompagnement sonore, transitions assurées pas 6 projecteurs différents. Pourquoi pas, ça se laisse regarder et surtout ça repose les pieds. Suivent des salles avec des ordis pour une "visite interactive" mais je ne suis pas venu là pour me poser derrière un écran, c'est déjà ce que je fais toute la semaine...
Il n'est que 13h00 mais je n'ai pas fait ma pause "esmorzar" (petit déj) de 11h00 et commence donc à avoir faim. Direction le self, inclus lui aussi donc dans mon billet. Nourriture sans surprise, roborative mais pas dégueu et surtout qui remplit bien. Entrée, plat, dessert, boisson, pain. Classique. Ce qui l'est moins, c'est la vue : le self est un restaurant panoramique surplombant le vide. Je me trouve une place le long de la baie vitrée. En ajoutant un léger ronronnement de réacteur, je pourrais me croire en avion.
En sortant du restaurant, petit tour sur l'esplanade principale où les divertissements ont commencé. Fête populaire avec tous les canons catalans du genre : danse des géants, sardane et pyramide humaine, le tout au son des instruments du cru, rien ne manque. Vidéo :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080503_Montserrat/films/MOV01308.avi (attention : 14Mo). En passant devant une baie vitrée, je comprends pourquoi toutes les personnes (au musée, au point touristique, au restau) me causent en anglais depuis le matin. Qu'on me réponde en anglais que je parle catalan, je commence à m'être fait une raison, mais qu'on me parle en anglais avant même que je l'ouvre ça c'est une première. J'avais essayé de comprendre sans succès. En fait, ce matin, j'ai mis mon T-shirt "Sheffield underwater hockey world championship", et me balade donc avec une poitrine barrée d'un énorme Union Jack. Tout s'explique.
Je suis dans les temps, la visite du complexe religieux + musée est achevée, j'avais prévu de visiter le massif l'après-midi, donc tout va bien. Destination un train à crémaillère pour éviter une escalade pénible (pente à 45°). Suite par un petit chemin, sillonant les formations de ciment calcaire de la montagne. Passage sous des surplombs, devant une petite source dans une grotte, sur des ponts n'inspirant pas toujours la plus grande confiance... Je commence à être un peu frustré de voir que le chemin ne semble pas mener au sommet, ou plutôt à un des sommets (étymologiquement, Montserrat viendrait de "montagne scie", ou "montagne sciée", si j'ai bien compris). Je finis par repérer un raidillon grimpant entre deux formations calcaires. Je choisis de tenter ma chance en l'empruntant. Après une montée oscillant entre grimpette, escalade et glissades fessières plus ou moins maîtrisées, j'atteins enfin un des sommets du site. Vue imprenable sur les autres sommets voisins, panorama à 360°. Avec le zoom au maximum j'arrive à distinguer le profil du Tibidabo et de la tour de Collserolla sur la chaîne du même nom, me cachant Barcelone. A l'ouest (rien de nouveau), d'autres montagnes encore un peu plus hautes se détachent de l'horizon à une cinquantaine de kilomètres. Au Nord, les Pyrénées, à l'Est, la méditerranée dans une légère brume. Au Sud, je ne suis pas sûr, mais je crois distinguer Tarragone.
C'est à ce moment que je me rends compte que j'ai un prédécesseur sur "mon" sommet. Un gars, la cinquantaine, qui semble en pleine galère avec son appareil photo. Il me voit et vient vers moi en me demandant en anglais (mais avec un fort accent de l'Est) si je peux l'aider. Sa carte est pleine et il voudrait effacer quelques photos. Je jette un œil aux menus de son Olympus : mmmh :) du cyrillique ! Après quelques tâtonnements et traductions, la manipulation est réalisée, non sans mal. Il passe dix plombes à trouver la photo à effacer, puis me demande si c'est possible de le prendre en photo devant le massif. Soit. Et bien entendu, c'est à ce moment là que sa batterie lâche. Bon, je le prends avec le mien, il me passe son mail, comme ça il l'aura quand même. Du coup on fait connaissance : Il est historien, Russe, mais enseigne l'anglais parce qu'historien en Russie ça n'a pas l'air d'être le métier rêvé en ce moment. Assis sur notre toit du monde, on continue à discuter pendant une bonne petite heure de la pratique des langues à travers les voyages, l'image des nouveaux riches Russes à l'étranger, l'âge et le rayonnement comparés des cultures kazakhes et orthodoxes, la pratique de l'anglais en France... Un peu irréel, mais conversation très agréable. Bref, j'ai un nouvel ami Russe qui finit par me présenter madame qui l'attendait (bien patiente la petite dame...) au funiculaire. Au final, je suis même le bienvenu dans son isba de la périphérie de Moscou si je veux visiter la Russie. Pas le genre de rencontre à laquelle on s'attend, mais bon, c'est ça qui est marrant !
Descente vers la monastère par un petit chemin serpentant à travers le massif, récupération du vélo puis re-téléphérique et train jusqu'à Barcelone. Vidéo du téléphérique :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080503_Montserrat/films/MOV01365.avi (Attention, 11Mo). J'arrive à l'appart à 19h00, encore claqué, mais des images plein la tête. Nouvel essai culinaire spaghettis/saucisson sec/concentré de tomates/oignons qui est appelé à faire une bonne alternative aux pâtes carbo. Dimanche matin j'ai prévu le musée Picasso puis aprèm sieste sur la plage bien méritée.
Album photo :
http://nico.mart.free.fr/barcelone/20080503_Montserrat/album.php